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  • Arnaud

  • 18Fév 21

Héritage des Huguenot en Afrique du Sud (2/2)

Après avoir parlé de l’établissement de vignobles par les Huguenot dans plusieurs parties d’Afrique du Sud, jetons un œil aux traces contemporaines.

Huguenot et descendances

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L’héritage des Huguenot a cependant été d’une grande portée. Aujourd’hui, des milliers de leurs fiers descendants portent dignement des noms de famille dont l’orthographe est inchangée par rapport à l’original, comme De Villiers, Malan, Du Toit, Du Plessis, Du Preez et Malherbe ; l’orthographe d’autres noms a été localisée, comme Viljoen, Cronjé, Pienaar, Retief et Senekal. Certains prénoms apportés par les Huguenot sont populaires parmi leurs descendants, notamment les prénoms chrétiens masculins tels que François, Pierre, Etienne, Jacques et Louis. Des recherches ont montré que la contribution des gènes Huguenot au peuple afrikaner s’élève à environ 24%. Leurs descendants sont fiers d’ancêtres qui ont beaucoup sacrifié – même leur pays de naissance – et étaient prêts à souffrir personnellement pour leurs convictions religieuses.

Les Huguenot se caractérisent par leur fierté intrinsèque, leur diligence et leur honnêteté. Bien qu’ils se soient efforcés de conserver leur propre identité au début, ils se sont rapidement mêlés aux autres colons pour devenir pleinement des Sud-Africains. En deux générations, même leur langue maternelle, le français, a largement disparu.

En tant que groupe, les Huguenot sont arrivés à un stade très précoce de la colonisation du Cap, lorsque la population blanche était encore relativement peu nombreuse. Ce qu’ils ont vécu en tant qu’enfants de la Réforme dans leur propre pays, ils l’ont apporté en tant qu’atout spirituel à leur nouveau pays de prédilection.

Plusieurs auteurs mentionnent différentes caractéristiques de la nation afrikaner qui pourraient être attribuées à l’influence des Huguenot : des caractéristiques physiques telles qu’un teint plus foncé et des cheveux noirs, un tempérament joyeux, de l’endurance, des capacités artistiques, de l’individualisme et un sens de l’indépendance, un amour de la liberté personnelle et politique, de la courtoisie, de l’hospitalité, de l’humour et de la joie de vivre, et de l’ingéniosité (la capacité de faire un plan). 

Parmi les blancs, les Huguenot font partie du cadre

Une enquête publiée dans le Sunday Times Magazine du 4 octobre 1981 indique que sur les 36 noms de famille les plus courants parmi la population blanche, neuf sont d’origine Huguenote. Il s’agit des noms de famille Nel, Du Plessis, Coetzee, Fourie, Du Toit, Le Roux, Viljoen, Marais et Du Preez. Dans les quatre premiers volumes du Dictionnaire biographique sud-africain (“Suid-Afrikaanse Biografiese Woordeboek”) figurent des articles sur 25 personnes portant le nom de famille De Villiers, dix-sept sur celui de Du Toit, douze sur celui de Malan, neuf sur celui de Joubert et huit sur celui de Viljoen. Les descendants des Huguenot peuvent être trouvés parmi les leaders et ceux qui réussissent sur tous les terrains en Afrique du Sud – religieux, social, économique, culturel, recherche et développement dans les domaines de l’agriculture, de la science et de l’ingénierie ; sport et politique, en tant que chefs militaires et hommes d’état, en tant que poètes et philosophes et auteurs.

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Les Huguenot ont effectivement laissé un héritage direct et indirect en Afrique du Sud. Ils n’ont pas continué à vivre comme un sous-groupe distinct, clairement identifiable. Dès le début du XVIIIe siècle, ils ont été assimilés par le reste de la population du Cap, à la fois en raison de mesures politiques et de leur nombre minoritaire. Mais malgré leur nombre relativement faible, ils ont néanmoins laissé une marque indélébile et apporté une contribution précieuse au cours des premières années de la colonisation du Cap de Bonne-Espérance dans divers domaines – économie, éducation, technologie, agriculture, culture, vie ecclésiastique, religion, etc. 

Un héritage si large que difficile à distinguer 

L’héritage des Huguenot est vaste mais subtil ; au fil des ans, les chercheurs ont cherché en vain une influence française définitive sur les colons du Cap, et il ne reste que des noms de personnes et de fermes. Quelle que soit leur contribution, elle ne peut plus être clairement identifiée séparément de celle de leurs collègues colons. Mais le sens Huguenot des valeurs demeure, et le romantisme entoure toujours les noms de fermes françaises du Cap occidental, nous rappelant les réfugiés Huguenot. 

Personne ne l’exprime mieux que Maurice Boucher dans son “French Speakers at the Cape” :

“Ce qui reste de valeur durable, c’est le fier héritage d’hommes, de femmes et d’enfants qui ont souffert pour une cause et suivi le chemin de l’exil pour conserver leur intégrité spirituelle. C’était certainement le cas de la plupart des réfugiés, et la nostalgie qu’ils ont dû éprouver pour le pays qu’ils ont quitté à jamais se reflète dans les noms qu’ils ont choisis pour les fermes qu’ils ont installées le long des collines du Cap occidental : Languedoc et Provence, La Brie, Calais et Cabrières ; et bien d’autres qui rappelaient des images de leur enfance et les racines dont ils étaient issus.”

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